Mais qu'est-ce donc que l'Aubrac
? un plateau, un hameau, une vache, un fromage ? Tout cela à
la fois :
L'Aubrac
doit son nom à l'ancienne dômerie
d'Aubrac à 1350 m d'altitude. Aubrac tire
son nom de «Alto Braco» qui veut dire "lieu élevé".
Jusqu’aux alentours de l’an 1000, l’Aubrac était
couvert de forêts de hêtres et de sapins. Ces bois abritaient
des brigands qui y trouvaient la tranquillité et de quoi
se cacher. Ceux-ci détroussaient les pélerins
venant du Puy-en-Velay et qui utilisaient l'ancienne voie romaine
appelé via Agrippa menant de Lyon à Bordeaux et Toulouse
en passant par Javols en terre de Peyre et Rodez pour se rendre
au sanctuaire de Saint-Jacques de
Compostelle en Espagne. Ce pèlerinage avait
pris son essor dès le 10ème siècle. Les difficultés
liées au climat et à l'insécurité de
la traversée du plateau, conduisirent un dénommé
Adalard, comte d'origine flamande, à fonder au voisinage
du point le plus élevé, une abbaye pour protéger
les pèlerins. Cette abbaye fut construite par des moines
en 1120. On l’appella Abbaye
d’Aubrac.

Il
reste de l'ancien monastère quelques vestiges : l'église
romane, un bâtiment du XVe siècle transformé
en maison forestière, une tour carrée dite "Tour
aux anglais" qui aurait vers 1350 (pendant la guerre de 100
ans) été bâtie pour pour protéger la
dômerie des attaques des anglais.
Les
moines pendirent les brigands et ils défrichèrent
au fur et à mesure autour de leur abbaye. Ces espaces déboisés
étaient trop en altitude pour cultiver de façon rentable
des céréales. Par contre, l’herbe poussait bien
et était très riche. C’est ainsi que l’élevage
a commencé et c’est comme cela qu’est née
la race
Aubrac : une race rustique, très résistante.
Les vaches ont nourri les hommes qui ont pu peupler l’Aubrac.
Déja
chouchoutée par les moines de l'abbaye d'Aubrac et
plus tard, sous l'Empire (période napoléonienne),
la vache Aubrac
reçu du sang des races Suisse et Brune des Alpes. Elle
a longtemps été utilisée pour des travaux
de force, au temps où la traction animale était
employée quotidiennement par les paysans. Son livre
généalogique (herd-book) a été
créé en 1893. |
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Comme
beaucoup d'autres vaches rustiques, après avoir failli disparaître
dans les années soixante, l'Aubrac fait aujourd'hui partie
des races qui font l'objet de plans de conservation qui visent à
préserver sa vocation laitière.
C'est depuis 1975 qu'elle bénéficie d'une telle aide,
qui permet aux agriculteurs de continuer à la traire et aux
randonneurs de continuer de la croiser sur les alpages.
Il
y a plusieurs siècles, on désignait par Aubrac ou
Laguiole
à la fois les vaches et le fromage.
Le Laguiole est un fromage
au lait de vache cru et entier, il a une forme ronde et pèse
environ 45 kg. Il trouve ses origines vers l'Antiquité mais
c'est vers le XIIè siècle que les moines de la dômerie
le produisent de façon plus sérieuse. Il sera fabriqué
dans les "Mazucs"
(burons)
répartis dans les pâtures de l'Aubrac.

Aujourd'hui trois burons
sont ouverts : Buron de Canuc sur la D15 entre Laguiole et Aubrac,
Buron de Caméjane: sur la D219 entre Aubrac et Nasbinals,
Buron du Théron : sur la D219 entre Aubrac et Nasbinals vers
St Geniez.
Quant
à l'Aligot,
lorsque le pèlerin sur la route de St Jacques de Compostelle,
après avoir bravé le désert blanc et
venté de l'Aubrac, arrivait épuisé et
affamé, il frappait à la porte de la dômerie
et demandait en latin "Aliquid" ce qui signifiait
quelque chose à manger. Ce terme au travers des ans
est devenu aliquot puis en occitan aligot. |
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